Ce qu'en dit l'éditeur
" Maurice est un blagueur.
Un ironique. Un doux rêveur. Il n'en fait qu'à sa tête et n'en démord pas. C'est son désir qui le guide, éclairé par ses intuitions. Au fond, c'est un solitaire, mais qui peut avoir des tendresses. Maurice est de grande taille et, quand il vous prend dans ses bras, on a le sentiment d'être protégé. Maurice est un lecteur. Qu'il soit journaliste, écrivain ou éditeur, sa vie, faite d'austérité, de concentration et d'oubli de soi, est celle d'un lecteur.
La lecture est une accoutumance, puis une addiction. Chez Maurice, c'est un choix qui est devenu au fil des ans une règle et un mode d'exister. Maurice est le lecteur qui a su nous faire partager le plus grand nombre de découvertes dans la littérature du XXe siècle, publiant, analysant, disséquant, commentant les textes du monde entier avec lesquels il nous donnait rendez-vous afin que nous ne puissions pas les manquer.
Maurice n'a pas de bornes. Il se moque de l'âge, de l'origine, de l'histoire personnelle d'un écrivain. Ce qui l'intéresse, c'est le texte. Il a avec lui des rapports de gourmandise. Il ouvre les livres, les hume, les lâche, les reprend, les laisse reposer, les met en pénitence, les reprend et les relit. Après, il donne son avis. Maurice a raison : comme il le dit dans ces entretiens, s'il continue à vivre, c'est parce qu'il lit.
" Laure Adler
Biographie
Laure Adler, née en 1950, est journaliste, historienne et écrivain, spécialiste de l'histoire des femmes et des féministes aux XIXe et XXe siècles. On lui doit de nombreux ouvrages, notamment une biographie de Marguerite Duras (Gallimard, 1998), Dans les pas de Hannah Arendt (Gallimard, 2005) et L'Insoumise, Simone Weil (Actes Sud, 2008).
Né à Paris en 1911, normalien et professeur, Maurice Nadeau quitte son poste en 1945 et publie son Histoire du Surréalisme.Il est engagé par Pascal Pia, directeur de Combat, pour « parler de livres ». Il publie en même temps son premier ouvrage déditeur : Les Jours de notre mort, de David Rousset. Depuis, il na cessé de mener une triple activité : de critique (Combat, France Observation, LExpress), de directeur de publications (Les Lettres Nouvelles, La Quinzaine littéraire), déditeur. Parmi ses propres ouvrages, un Gustave Flaubert, écrivain, obtient le Grand Prix de la Critique en 1969.Témoin privilégié dun demi-siècle de la vie des idées et des lettres en France, Maurice Nadeau fait apparaître dans ces pages écrivains, journalistes, éditeurs, amis qui ont joué un rôle
important dans lhistoire culturelle du XXe siècle : Adrienne Monnier, Gide, Antonin Artaud, les surréalistes André Breton et Benjamin Péret, son ami Roland Barthes, lun de ses patrons dédition, René Julliard, des écrivains quil a connus et admirés de Maurice Blanchot à Raymond Queneau, Michel Leiris, Samuel Beckett ou Henry Miller.Le critique, léditeur, quelles que soient leur intuition et leur obstination, nexistent que par les autres : les écrivains. A tous ceux qui lui ont porté attention et qui, morts ou vivants, continuent de laccompagner, Maurice Nadeau tient à ce que
« grâces soient rendues ».
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