Ce qu'en dit l'éditeur
Durant l'été pluvieux de 1968, Rose quitte Kentish Town, dans la banlieue de Londres, pour se rendre aux Etats-Unis. Dans sa valise, elle a pris une robe à pois mais aucun billet de retour. Elle doit rejoindre là-bas un homme qu'elle connaît sous le nom de Washington Harold. Il est prévu que ces deux-là unissent leurs forces pour retrouver le docteur Wheeler, un homme à la personnalité aussi charismatique qu'insaisissable — oracle, gourou, sauveur d'âmes et sans doute charlatan ; Rose considère qu'il l'a bel et bien sauvée d'une enfance abominable tandis que Harold nourrit contre lui une rancune silencieuse et tenace. Alors qu'ils traquent leur proie à travers l'Amérique à bord d'un camping-car, ce couple étrange et mal assorti — Rose, enfant abîmée de cette Angleterre grise de l'après-guerre, et Harold, individu nerveux, obsessionnel, habité — croise toute une armée d'acolytes de Wheeler, soldats dépenaillés de la contre-culture, tournant et virant au gré de courants dangereux, ballotés par la colère et la dissidence obscure. L'assassinat de Martin Luther King est tout récent (avril) et une folie banale s'épanouit dans les réunions spiritualistes. La candidature démocrate de Robert Kennedy, dont la campagne présidentielle doit atteindre son apogée à l'Ambassador Hotel de Los Angeles au début du mois de juin, paraît représenter l'unique espoir de la nation. Le pèlerinage de Rose et Harold est comme un miroir de cette campagne. Sauf que Robert Kennedy trouvera la mort à ce moment-là et que, quelque part dans les ténèbres infinies de l'Amérique, le docteur Wheeler est aux aguets. La jeune fille avec une robe à pois est le dernier ouvrage de Beryl Bainbridge : atteinte d'un cancer, elle s'est battue pour finir ce roman et son éditeur l'a publié tel qu'elle l'a laissé, à partir de son manuscrit. Cet inachèvement ne diminue en rien l'intensité de ce texte et du périple de cet « Humbert Humbert névrosé et bas-de-gamm e et de sa Lolita infâme et timide », comme le dit William Boyd. Hargneux, sinistre, écrit dans une langue éclatante, baignant dans une atmosphère merveilleusement étrange, ce grand roman de Beryl Bainbridge évoque une nation prête à basculer dans la désintégration paranoïaque — ainsi que le moment charnière d'une tragédie — avec une terrifiante clarté d'esprit. « Étrangement, cet inachèvement ne diminue en rien ce roman court et obsédant. L'Histoire nous raconte la suite, et la fin des aventures de Rose et d'Harold peut être imaginée de différentes façons. Le roman fonctionne comme L'Etranger de Camus et En attendant Godot de Beckett (il pourrait facilement s'intituler A la recherche du Docteur Wheeler) : les questions sans réponse rendent plus intenses son mystère et son pouvoir étrange. » (William Boyd, The New York Times) « Il est quasiment impossible de trouver quelqu'un dont l'écriture témoigne d'une compréhension du cÅ“ur humain telle que celle de Beryl Bainbridge. » (Jane Shilling, The Times) « On retrouve Bainbridge au sommet de son art, sombre et malicieuse, comme à son habitude. [... ] La fille avec une robe à pois n'est peut-être pas complètement achevé, comme l'étaient la plupart des romans de Bainbridge, mais il donne aux lecteurs matière à réfléchir – beaucoup plus qu'on ne le croirait possible pour une histoire si courte. Ce sont des adieux poignants et une fin appropriée pour une carrière incontestablement unique et provocatrice. » (Alex Clark, The Guardian) « Il s'agit d'un roman animé par la flamme du talent unique de Beryl Bainbridge. L'histoire se construit furtivement, à travers des allusions, et il faut rester vigilant. Elle ne perd pas son temps avec des explications inutiles. » (Melvyn Bragg, The Guardian)
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