Ce qu'en dit l'éditeur
L’homme blanc du titre, c’est Kolia des monts K., enfant du goulag né dans la merde, qui deviendra clown blanc au cirque de Moscou et dont la vie traverse un demi-siècle d’histoire soviétique. Élevé dans les conditions âpres des prisons de Staline, il échappe dans ses premières années à la déshumanisation grâce à la bienveillance patiente et secrète de Iossif, un prisonnier plus âgé d’origine suisse. Or, Iossif disparaîtra du jour au lendemain, dans des circonstances inconnues, après avoir donné à Kolia le goût de l’art, du français, du monde libre. Relâché des camps à la fin de son adolescence dans la Russie des années cinquante, Kolia découvre la difficile liberté de la société soviétique, et qu’il n’est rien dans ce monde-là non plus. C’est par la soeur de Iossif que Kolia entamera son histoire d’« homme nouveau ». Avec son aide, il se rendra à Moscou pour trouver du travail, intégrer la vie sociale et une famille, celle du cirque, qu’il apprivoisera peu à peu en même temps que son personnage de clown, sans que jamais l’abandonne le souvenir de l’homme à qui il doit sa force et son innocence. La disparition de Iossif le hante, l’accompagne, comme tout son passé qui marque sa drôle de gueule, que recouvre bientôt la blancheur du clown muet, pas tant pour cacher l’un et l’autre que pour donner à la laideur des traits et aux épreuves vécues le pouvoir de transmuer le réel par l’art circassien.
Pour ce premier roman, Perrine Leblanc déploie un imaginaire riche, nourri par une passion de longue date pour la culture russe. Dans un style évocateur, sans épanchements, où se conjuguent sens du rythme et art du détail, L’homme blanc redonne à la vie son mouvement et son unité, faite de tensions et de silences autant que de gestes et d’événements.
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