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Naples 44

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Éditeur : PHEBUS Collection : LIBRETTO Date de parution : 08 octobre 2003 Rayon : LITTERATURE ANGLAISE Format : Poche EAN13 / ISBN :

9782859409333

Couverture du livre Naples 44 - LEWIS NORMAN - 9782859409333
feuilleter
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Ce qu’en dit l’éditeur
Extrait du livre Duchess of Bedford, au large des côtes italiennes, 8 septembre 1943 On nous a annoncé aujourd’hui à 18 h 30 qu’un armistice venait d’être signé avec l’Italie et devait prendre effet à compter de demain, date prévue de notre débarquement à Salerne. Personne, c’est évident, ne savait à quoi nous devions nous attendre, mais si l’on en croit les incessantes attaques aériennes dont a été victime une partie du convoi, les Allemands n’ont pas l’intention de suspendre les hostilités. Un officier du renseignement nous a présenté un exposé d’où il ressortait, de manière stupéfiante, qu’en dépit de l’important réseau d’informateurs censés travailler pour nous en Italie nous n’avions aucune idée de l’évolution de la situation. Nous ne savions même pas si l’OVRA, la police secrète de Mussolini, avait ou non été dissoute. En vérité, cet exposé était si futile qu’il aurait pu se résumer à une seule phrase : «Nous ne savons rien.» A l’exception de notre petit groupe, le bateau ne transporte que des soldats américains. Le fait que nous ayons été détachés au quartier général de la Ve armée à sa demande, parce qu’il ne disposait pas de son propre service de renseignements, n’empêche pas les autres passagers de nous battre froid. Nous serions complètement livrés à nous-mêmes n’était l’intérêt que nous portent quelques sergents amateurs de poker, qui pourraient bien être dans le civil des joueurs professionnels rompus à la fréquentation des ferry-boats du Mississipi. En l’espace d’une demi-heure, j’ai été soulagé d’une année de gains. 9 septembre Débarquement à Red Beach, non loin de Paestum, à sept heures du soir. Les barges n’ont cessé d’aller et de venir toute la journée après la canonnade, à l’aube, des positions ennemies par nos bâtiments, suivie d’un bref engagement pour dégager l’accès de la tête de pont. A présent, si nous regardons du côté de la terre, nous voyons le paysage comme figé dans une sérénité trompeuse. Au premier plan, la baie déploie son ample courbe que souligne une mince plage de sable; dans le lointain se profilent les montagnes creusées d’ombres profondes. On distingue, au milieu des vergers et des bosquets, le scintillement blanc des maisons, tandis que les villages coiffant les collines détachent avec netteté la congrégation serrée de leurs toits. Ici et là, quelques colonnes de fumée immobiles signalent la présence de la guerre. A ce détail près, rien ne trouble la tranquille harmonie de ce rivage, un des hauts lieux de l’Antiquité, enveloppé dans la douceur d’un soir de l’été finissant. Nous avons hissé les motos sur la grève, elles ont démarré au quart de tour. Le sable avait été recouvert d’un treillis métallique sur lequel nous les avons fait rouler jusqu’au couvert des arbres. Les corps de ceux qui avaient péri au point du jour avaient été disposés en rang d’oignons, épaule contre épaule, dans un strict alignement, comme si la mort devait les passer en revue. Ils étaient au nombre de onze : dix sergents, un adjudant. Grièvement blessé dans un accident de voiture à Oran, la veille de notre embarquement, le capitaine Cartwright, notre officier supérieur, n’a sans doute pas encore quitté l’hôpital. Nous n’avions reçu ni recommandations ni consignes d’aucune sorte et nous ne devions rien attendre des Américains, qui ne tenaient d’ailleurs nullement compte de notre présence. Partie prenante de la plus grande invasion depuis le début de la guerre – la plus grande invasion de tous les temps –, alors que la mer s’était couverte d’un horizon à l’autre de navires innombrables, nous nous retrouvions aussi démunis et impuissants que des gamins égarés dans un bois. Personne ne savait où se trouvait l’ennemi dont l’existence, du moins, était attestée par les onze corps allongés sur le sable. Au lieu des caisses de fusils, des chars, des voitures blindées et des rouleaux de barbelés que nous pensions trouver en débarquant à notre tour, nous avons été surpris de constater que sur ce segment de plage on avait surtout déchargé du matériel de bureau destiné au quartier général. A chacun avaient été distribués un Webley et cinq cartouches. La plupart d’entre nous ne s’étaient jamais servis d’un fusil. Tandis que le soleil en gloire sombrait derrière nous, nous avons erré à travers la forêt tout emplie d’une joyeuse confu-sion de gazouillis, jusqu’au moment où nous avons atteint la lisière. Dans la campagne au-delà nous attendait un spectacle d’une indicible beauté. Là-bas, distantes de quelques centaines de mètres à peine, ont surgi sur une même ligne les silhouettes parfaites des trois temples de Paestum, nimbés d’or et de rose dans les derniers rayons du couchant. Ce fut comme si une grâce nous était signifiée, l’un de ces instants décisifs de l’existence. Mais entre la forêt et les temples s’étendait un pré dans lequel deux vaches à la robe tachetée gisaient les pattes en l’air. Nous avons battu en retraite, rampant dans l’ombre protectrice des arbres, et nous nous sommes blottis dans les profondeurs du sous-bois. A la nuit tombée, tout le monde s’est endormi. L’obscurité était totale lorsque je me suis éveillé : on marchait dans les fourrés. Puis il y a eu ce murmure, où il m’a semblé reconnaître quelques mots d’allemand. Les voix se sont estompées, et j’ai de nouveau glissé dans le sommeil.
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Ce livre a été associé à la Vitrine : Naples et la Ferrante !
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