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Cicatrices Carnets de conversion

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Éditeur : NOTA BENE Collection : Miniatures Date de parution : 17 janvier 2022 Rayon : ESSAIS LITTERAIRES QUEBECOIS Format : Poche EAN13 / ISBN :

9782895187868

Couverture du livre Cicatrices Carnets de conversion - Michaud Sara Danièle - 9782895187868
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À lire
« « Nous sommes devenus très pauvres en expériences de seuil », écrivait Benjamin. Une pauvreté qui rend d’autant plus précieuse la lecture d’un texte comme celui de Sara Danièle Michaud. À mi-chemin de tout et au centre de rien, ce carnet tire la mère et la fille, le sacré et le profane, l’écriture et son impossible effacement vers cet interstice où l’une et l’autre, projetées l’une sur l’autre, tissent les mailles d’un écran où est projetée l’expérience d’une conversion. Voyez-vous, « il ne s’agit pas d’introduire dans la pensée la nébulosité de la mystique, mais à l’inverse, justement, d’appréhender pour la première fois ce qui est en jeu dans l’expérience que nous définissons par ce nom et qui, en vérité, n’a rien de vague » (Agamben) : la faillibilité d’un moi qui sent le besoin de s’accrocher à l’écriture pour tenir devant la périlleuse tâche d’accueillir l’autre dans un monde où la nourriture – celle qu’on dit parfois spirituelle, celle qui nourrit, qui fait vivre – se fait rare. Le moi jette sa propre chair à la ligne, afin de sustenter l’autre, l’autre qui n’a en fait jamais été l’autre, ni la sienne, mais l’éternel devenir d’une naissance. Se profile, là, dans ce « qui ne se conjugue pas très bien au passé », la conversion d’une écrivaine, d’une mère qui nourrit en mouillant sa peau sur les eaux du littéraire. Au risque d’en dire trop – ce qui est déjà fait, évidemment –, je m’arrête là, en témoignant du fait que ce texte nourrit, au présent, une faim qu’il importe de reconnaître comme le besoin de quelque chose qui ne s’écrit pas, mais qui, pourtant, par le détour de l’autre, se donne ici à lire, magnifiquement. »

extrait sélectionné

C’est le désir caché dans cette fuite que je te donne, l’appel d’autre chose, d’une transcendance qui, si elle m’élève de terre pendant de rares instants, ne m’enlève jamais à l’intime de ce « nous » qui est sacré.

Ce qu’en dit l’éditeur
« La mère est apparue parce que tu t’es mise à exister, tout doucement d’abord, une petite perle de vie fragile dans une coquille de peau, puis à hauts cris, à vif, sans le redoublement de la peau. Tu existes, de toutes les façons qui sont les tiennes, et mon être mère est irrémédiable. Mais je n’écris pas ma conversion en mère, ce serait trop beau de correspondre à ce point à sa mise en scène, non, je suis mère parce que j’écris. C’est en poursuivant la cicatrice, en la traçant dans un journal de conversion que la mère existe. Il y a eu l’incision, puis toi, et la cicatrice qui en reste n’est que superficielle, elle tient très bien à la peau, mais pas au reste. C’est peut-être parce qu’elle ne tient pas qu’il faut constamment la tailler et la recoudre et la retailler et l’écrire. »
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