Ce qu’en dit l’éditeur
D’où viennent les idées ? Comment s’enchaînent-elles ? Qu’est-ce qui rend possible l’émergence d’une « pensée » qu’on appellera (sous réserve) associative ? Quelles sont les retombées d’une telle découverte ? La question de l’association – des idées (au dix-huitième siècle), libre (au vingtième) – travaille à la limite de l’intellection et de la rationalité, ainsi qu’aux limites de divers champs disciplinaires. Pour ressaisir son enjeu, nous avons réuni dans ce numéro des philosophes, des psychanalystes et des littéraires autour de quelques textes nodaux (Diderot, Hume, Sterne, Freud, Joyce, Pynchon) où l’on trouve une théorie et une pratique de l’association. Deux questions (entre autres) nous ont servi de fil conducteur : comment l’association se rend-elle « pensable » (c’est-à-dire intelligible) tout en maintenant son rapport à l’inconnu ? Comment opère-t-elle discursivement ? Et, puisque nous observons ici le processus de l’association à partir de deux moments historiques différents et que, dans chacun des « cas », elle annonce une manière de penser autre, cette question aurait-elle partie liée avec notre « inconscient épistémologique » ?
Biographie
Ginette Michaud est professeur au Département des littératures de langue française de l’Université de Montréal. Parmi ses récents ouvrages : le Cahier de L’Herne. Derrida (Éditions de L’Herne, 2004) ; Tenir au secret (Derrida, Blanchot) (Galilée, 2006) ; et le catalogue Trop. Jean-Luc Nancy, avec François Martin et Rodolphe Burger (Galerie de l’uqam, 2006). Membre du Comité éditorial chargé de l’édition du Séminaire de Jacques Derrida, elle a préparé, avec Michel Lisse et Marie-Louise Mallet, l’édition du premier volume qui paraît à l’automne 2008 aux éditions Galilée : Séminaire La bête et le souverain, volume i, 2001-2002. Le Temps Volé éditeur publiera également cet automne un essai intitulé « Comme en rêve... » (Derrida, Cixous) suivi de Songes de juillet.
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