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S'en aller

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Éditeur : Gallimard Collection : Folio Date de parution : 14 janvier 2026 Rayon : LITTERATURE FRANCAISE Format : Poche EAN13 / ISBN :

9782073118257

Couverture du livre S'en aller - Sureau François - 9782073118257
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À lire
« Depuis que j’ai découvert François Sureau et ses phrases sinueuses comme de vieux chemins de montagne, je ne manque jamais les rendez-vous posés par ses nouveaux livres. Revenir à Sureau, c’est comme de retrouver un vieil ami dont on savoure chaque digression en lui demandant toutefois d’être indulgent avec nous qui, hélas, ne sommes pas aussi futé que lui. Sureau et ses mille vies semblent avoir tout lu et tout vu, l’horreur de la guerre d’ex-Yougoslavie comme la camaraderie miséricordieuse de la Légion étrangère. Il a fréquenté les tribunaux de Paris et les cloîtres des Chartreux, les montagnes de l’Himalaya et la forêt de Brocéliande tout en laissant mijoter en sa pensée des œuvres souvent délaissées par le plus grand nombre au fil des décennies. La tête bien faite, à contre-courant des modes tout en étant trop fin pour être un vulgaire réactionnaire, il nous offre de livre en livre les longues conversations solitaires qu’il entretient avec ses défunts compagnons de route. On y croise les aventuriers et les espions les plus originaux des derniers siècles, écrivains dont les livres se mêlaient inextricablement à leur vie tarabiscotée. Les figures tutélaires de S’en aller sont, entre-autres : Graham Greene, Victor Hugo, Patrick Leigh Fermor, Somerset Maugham, Philby père et fils et Robert Stevenson. Avec Sureau, on s’en va et aussitôt revenu, on se demande quand on aura la chance de repartir pour cheminer à nouveau en compagnie de ses Lumières.  »

extrait sélectionné

Dis-moi ce que tu quittes, je te dirai qui tu es ; mais cette promesse ne sera pas tenue, parce qu’il n’y a personne pour la tenir. Y aurait-il quelqu’un, ce que je crois, le peu que je sache de Lui m’interdit d’imaginer qu’il pourrait s’exprimer de cette manière. Puis c’est l’arrachement qui compte, et sitôt qu’il a eu lieu ce qu’on a quitté paraît retourner au néant. Je connais peu d’images aussi frappantes que celle par laquelle Nabokov décrit le départ d’un train : ce sont les wagons qui reculent le long du quai. Quant à la destination, elle n’est jamais celle qu’on a entrevue, en esprit, au moment de s’en aller. Par bien des côtés, le voyage ressemble à la guerre, qui lorsqu’elle est finie laisse les combattants en proie à des questions entièrement différentes de celles qui les avaient conduits à l’affrontement. Toute destination, une fois atteinte, fait naître à nouveau l’envie de partir, non seulement parce que cette chambre dans laquelle il est impossible de demeurer en repos est la même partout, mais parce que le voyage lui-même nous change en poupées russes, chacune en laissant découvrir une autre plus petite, et qui semble reculer dans le temps. Je suis le frère de tous ceux qui, écrivains ou personnages, ont pris d’eux-mêmes cette étrange vue-là. J’aurai voyagé seul et avec eux. Je ne connais pas de meilleure compagnie. Ils m’auront appris ce qu’on ne peut savoir. Enfant, je ne parvenais jamais à trouver, dans les énigmes des journaux, « ce que le marin a caché ». Je sais à présent qu’il existe un moment, au-delà de la mort, où le dessin apparaît ; où les chemins parcourus révèlent, mais cette fois d’une manière évidente, ce royaume, ces principautés, ces républiques et ces déserts dont nous aurons pressenti l’existence.

Ce qu’en dit l’éditeur
"Je connais peu d’images aussi frappantes que celle par laquelle Nabokov décrit le départ d’un train : ce sont les wagons qui reculent le long du quai. Quant à la destination, elle n’est jamais celle qu’on a entrevue, en esprit, au moment de s’en aller." François Sureau n’a jamais cessé de rechercher la compagnie de ceux qui, comme lui, ont été habités par le désir de s’en aller. À travers les voyages de Victor Hugo, Philby père et fils ou Patrick Leigh Fermor, l’auteur revoit certains moments de sa vie. De la Hongrie après la chute du Mur à l’Inde et l’Himalaya, en passant par la guerre en Yougoslavie, il poursuit avec éclat sa méditation sur la beauté de l’aventure.
Biographie
François Sureau est né en 1957 à Paris. Ancien membre du Conseil d’État, il est aujourd’hui avocat à Paris. Écrivain, il a déjà publié aux Éditions Gallimard La corruption du siècle (collection Blanche, 1988), L’infortune (collection Blanche, 1990, Folio n° 2429), L’aile de nos chimères (collection Blanche, 1993, Folio n° 2429), Les Alexandrins (collection Blanche, 2003), La chanson de Passavant (collection Blanche, 2005), L'obéissance (collection Blanche, 2007, Folio n° 4805), adapté en BD par Franck Bourgeron (Futuropolis, 2009), Inigo (collection Blanche, 2010, Folio n° 5345), Sans bruit sans trace (collection Blanche, 2011).
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