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En vitrine

𝐏𝐚𝐫𝐭𝐢𝐫 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐭𝐫𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫 𝐬𝐚 𝐩𝐥𝐚𝐜𝐞

« Je suis parti de Santiago avec de la poussière dans les narines et Wilner dans la tête. Le bus dans lequel j’avais embarqué, une guagua qui n’avait de freins que dans les prières, se dirigeait vers le Cibao, là où la terre est si grasse qu’elle engraisse même les dettes. La route serpentait entre les collines et les champs de canne où on cultivait la misère. Les femmes portaient des paniers plein d’attentes, les hommes des machettes sans manche, et moi, je portais mon passé dans un sac de plastique trop léger pour ce qu’il contenait : un carnet humide, quelques souvenirs, et la volonté de ne pas mourir bêtement dans un pays où mourir est le métier le plus répandu ».
Thélyson Orélien, 𝐶’𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑡 𝑐̧𝑎 𝑜𝑢 𝑚𝑜𝑢𝑟𝑖𝑟, Éditions du Boréal, p. 50.